Congrès National

Marseille 2017

Le 59e Congrès de l'UJSF s'est déroulé à Marseille les 21 et 22 mars derniers au Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône.

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Congrès UJSF Marseille

Le journalisme et les réseaux sociaux

Rapporteur : Jean-Jacques CECCONI
Congrès de Marseille – 21 mars 2017

Et sous-entendu, cette remarque à mi-débat de Jean-Marc MICHEL aux deux intervenants : « vous devinez les inquiétudes des journalistes sur le devenir de notre profession… ! » Justement ces deux intervenants répondaient aux noms de David BEAUX, Community Manager, spécialiste des réseaux sociaux sur FRANCE 24, RFI et d’une manière globale à FRANCE MEDIA MONDE, et Dominique MARCHETTI, Sociologue, directeur de recherche au CNRS à Paris.
Une première définition des réseaux sociaux a été présentée par ces deux spécialistes, définition qui tentait à ramasser Facebook® et Twitter® principalement à une plateforme qui permet, notamment aux médias, mais pas seulement, de diffuser leurs informations.
Mais derrière cela, il y a un enjeu car Facebook®, c’est 1 milliard 86 millions d’individus dans le monde dont 33 millions en FRANCE.

Très schématiquement, l’un et l’autre ont décrit :
1 – Facebook® comme un effet boule de neige, vous ouvrez votre contenu à un pool d’audience
2 – Twitter® bien que plus ciblé « professionnels à professionnels » et plus microcosmique, vous rapporte de nouveaux utilisateurs et vous ouvre à l’étranger.

Retenez que ce sont deux utilisations différentes.
Pour nous, les journalistes, les réseaux sociaux c’est un nouvel OUTIL.
Mais attention, c’est aussi l’outil des clubs, après la télévision et internet, pour mettre les journalistes à distance.
Autrement dit, les clubs se verraient bien remplacer la case « journalisme », donc INFORMATION, par la case PROPAGANDE.
Et c’est là tout le danger de cette sorte d’information amidonée qui peut ressortir de ce bras de fer.
Les clubs ont parfaitement compris l’enjeu et embauchent des professionnels de l’internet, ce qui complique le travail des journalistes. On leur coupe l’herbe sous le pied en quelque sorte en surimportant à grand renfort de statistiques, ou interview par exemple, pour vider notre travail et filtrer les vraies informations.
Or, la réputation des journalistes étant en jeu, ils sont obligés de suivre. Car tout est démultiplié. Les journalistes sont dans l’obligation de suivre les tweets des différents protagonistes pour produire et diffuser leur propre information.
Ce qui a fait dire à nos interlocuteurs que politique et sport sont désormais intimement liés.
Tout devient ASEPTISÉ.
Derrière tout cela, on l’a compris, il y a des enjeux économiques colossaux. Et on observe que le piège se referme sur les médias qui ne sont pas sur les réseaux sociaux. Ils prennent du retard sur l’information.

Alors ce n’est pas une obligation mais, notamment en PQR, il faut enrichir le contenu en analyse ou autre travail d’investigation pour compenser cette non apparition ou épisodique sur le net où tout est succint et ramassé de manière lapidaire.
Lors de cette première partie, Dominique MARCHETTI et David BEAUX ont insisté sur le fait que le danger des réseaux sociaux réside surtout dans l’intention que les clubs veulent avant tout mettre de la distance avec les journalistes, donc l’information, après avoir déjà structurellement éloigné notre profession à travers des ZONES MIXTES ou des tribunes de presse placées sur orbite.

Un point essentiel a été évoqué dans un deuxième temps. Soulevé par Gilles GAIHIER, la question de la double temporalité a été abordée par Dominique MARCHETTI et David BEAUX. « Nous constatons qu’il y a de moins en moins de production de matière première » nous ont-ils dit « et ceci depuis le millieu des années 80. On demande plusieurs temporalités aux journalistes sans y mettre les moyens. »
Ce qui signifie qu’il y a un décalage important entre les patrons de presse (plutôt identifiés à des contrôleurs de gestion) et les journalistes, producteurs de richesse. Alors évidemment chacun a compris qu’être présent sur Facebook® et Twitter® va permettre de monétiser le contenu. Essentiellement avec la publicité. Mais cela vaut à la fois pour la presse mais aussi, et peut-être surtout, pour Facebook®.

David BEAUX a même comparé Facebook® à un vendeur de drogue face à un addict. Les journaux sont enferrés dans une sorte de prise d’otage, une sorte d’enfermement en boucle. L’algorithme de Facebook® est sans faille, mais Facebook® dévalorise les médias au profit des particuliers. Or c’est l’inverse que cherchent les médias : amplifier leur audience. Donc ils paient Facebook® pour augmenter leur visibilité. Et à la question : « comment se défendre ? » les deux ont été unanimes : « Donnez l’impression qu’il y a un partenariat possible pour que chacun s’y retrouve. De la même manière que les médias donnent le sentiment à l’internaute que l’accès au contenu est gratuit alors qu’il le monnaye, Google® monnaie son action. » 
Ce qui nous a amené à nous interroger sur la pérennité de ce modèle économique. Quel avenir pour les réseaux sociaux et quel pourrait être le paysage journalistique, ne serait-ce que dans 5 ans ?

Si à la deuxième question, Dominique MARCHETTI et David BEAUX ont avoué qu’ils n’en avaient aucune idée, ils ont reconnu la fragilité du système. Autrement dit émarger des revenus sur une plateforme avec ce que chacun d’entre nous partage, a-t-il un sens ou plutôt un avenir ? Réponse : on ne sait pas !
Mais David BEAUX et Dominique MARCHETTI nous ont expliqué qu’il fallait expressément que les médias aient une stratégie sur les réseaux sociaux. « Soyez novateurs » ont-ils dit. Le journaliste de sport a tout intérêt à entrer en conversation sur les réseaux sociaux car cela, non seulement assoiera sa légitimité, mais enrichira son contenu et diminuera la distance avec ses lecteurs ou suiveurs. Et pour nourrir notre réflexion ils ont aussi reconnu que l’information en continu pollue le discernement, que travailler avec les réseaux sociaux favorise le journalisme assis et que le journaliste multimédia fonctionne mais privilégie la vidéo et les photos dans un but exclusivement commercial.
La partie information sportive et donc releguée au second plan, après le divertissement. C’est un extracteur de jus en quelque sorte. Et on a de plus en plus de difficultés à faire comprendre que le jus est intéressant mais que les fibres doivent être réutilisées. Et c’est de cette matière secondaire, le jus, dont les clubs nous abreuvent. Dominique MARCHETTI a cité le cas de Jean-Michel AULAS à LYON qui privilégie désormais ce mode de communication au face à face.
Et les patrons de presse suivent. L’exemple de la Voix du Nord a été pris. « Ce journal est rentable, gagne de l’argent, expliquent Messieurs MARCHETTI et BEAUX et pourtant il a mis en place un plan social avant de donner la priorité au NET, parce que le NET favorise l’externalisation et, évidemment, à moindre coût ». Ce qui a soulevé cette intervention de Jean-Marc MICHEL qui a rappelé une nouvelle fois ce qu’il dit depuis des années « J’invite les journalistes à se faire entendre auprès de leur média pour que chacun comprenne les enjeux et les conséquences de tout cela. »
Sans autre jugement de valeur.
Alors tout ceci bouscule, interroge.
Nous avons entendu l’un de nos confrères poser cette question « je ne tweet pas, je n’ai pas de compte Facebook®, qui suis-je ? » On sent bien cette forme d’angoisse, cette sorte de collision entre deux voire trois générations qui n’exercent plus le même métier. Et c’est peut-être là que nous pourrons nous interroger sur la manière d’accompagner cette génération de journalistes, dont je fais aussi partie comme beaucoup d’entre vous, qui ont vécu beaucoup de mutations et sont à nouveau invités en fin de carrière à modifier leur système de pensées, voire de croyances. Car personne ne sait si ce virage ne va pas embarquer tout le monde dans le fossé. Dominique MARCHETTI a rappelé que, aujourd’hui, seul le papier rapporte de l’argent mais il a également souhaité que chacun apprivoise ce nouveau mode de communication avec, à la fois, apaisement et confiance.
« Nous sommes face à des transformations, dit-il, que nous avons du mal à comprendre. Il faut du temps car nous sommes en phase de transition. Je note deux choses a-t-il insisté. Il y a une offre journalistique qui fonctionne et qui n’est pas people. Le sport est attrayant et chacun peut y trouver sa place. »
Deuxième chose : « Vous avez encore des marges de négociations. Si nous prenons l’exemple du football, il appartient aussi et en partie à l’État. Vous avez donc encore des leviers pour vous défendre. »

Autrement dit , n’ayez pas peur. Accompagnez ce courant contre lequel vous ne pouvez pas nager à contre-sens et tentez d’influer sur les trajectoires. Convaincu du bienfait des réseaux sociaux, David BEAUX a conclu, lui, par cette phrase « Les réseaux sociaux permettent une plus grande diffusion, utilisez les sans crainte ». Une nouvelle fois on peut constater que ce n’est pas tant le nouvel outil qui peut inquiéter mais l’utilisation qui en est faite.
Le gros tuyau que l’on appelle Facebook® attend du contenu pour diffuser l’information à travers le monde. C’est simple, séduisant et efficace. Le souci est comme toujours lié à l’exploitant. Car chacun à son niveau est exploitant : créateur, diffuseurs et journalistes. On a bien compris au travers des exemples cités (Pierre Menes) que l’e-représentation prenait aussi une grande place dans ce nouveau paysage journalistique. Ce fameux miroir déformant qui éblouit notre image et que l’on appelle l’Égo.
Mais là, le chantier est trop vaste. Je vous laisse à vos reflexions, Chers Consoeurs et chers Confrères. J’en ai terminé, mon cher Président, mais je suggère dans une demi plaisanterie que l’on ouvre une planche dont le sujet pourrait être le suivant : « les réseaux sociaux n’ont-ils pas été inventés pour inviter l’homme et le journaliste à travailler, d’abord, sur sa propre personnalité ? »

Intervention de la FDJ

Notre partenaire national n'ayant pas pu être des nôtres, vous trouverez ci-dessous l'intervention qui était prévue lors de la soirée de gala:

" Depuis 35 ans, FDJ apporte son soutien au sport français avec la volonté de promouvoir l’égalité des chances, que ce soit par le haut niveau ou par la pratique sportive pour tous. FDJ est devenu, en janvier 2016, la première entreprise à soutenir la candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. FDJ souhaite contribuer à mobiliser tous les français autour du soutien à la candidature Paris 2024 en déclinant un calendrier d'évènements sport et grand public chaque mois. Le territoire d'expression FDJ pour Paris 2024 est le sport au féminin au travers de l'égalité des chances. En effet, en mai 2016, sous l’impulsion de Stéphane Pallez, Présidente-Directrice Générale de FDJ, FDJ a lancé le programme « Sport pour Elles » qui s’adresse à toutes les sportives de haut niveau ou amateurs. En s’engageant aux côtés des femmes, FDJ entend répondre à un enjeu de société : celui de faire de la mixité et de la diversité une richesse.
Pour le premier événement de sa campagne de mobilisation en faveur de Paris 2024, FDJ organise une fit boxing session à la Cité du Cinéma ce jeudi 23 mars en présence notamment de Sarah Ourahmoune et Souleymane Cissokho. Une soirée grand public avec l’objectif « d’enfiler les gants pour Paris 2024 ".

Revue de presse


Bastia 2016

Le 58e Congrès de l'UJSF s'est déroulé à Bastia les 4 et 5 mai derniers. Ce rendez-vous annuel a été le lieu de l'élection du Bureau Directeur 2016-2020. Politiques et partenaires ont répondu présent pendant ces deux jours de travaux dans un décor magnifique et accueillant.

Un immense merci à la section Corse de l'UJSF qui a su donner une dimension presque magique à notre séjour.

C'est autour de Thierry Braillard (Secrétaire d'Etat chargé des sports), Gilles Simeoni (Président du Conseil Exécutif de Corse), François Orlandi (Président du Conseil Départemental de Haute-Corse), Pierre Savelli (Maire de Bastia) et Jean-Marc Michel (Président national de l'UJSF) que le Congrès s'est réuni hier soir dans la Citadelle de Bastia. Une soirée de discours, d'échanges, d'émotions et la présence, pour son association "Un sourire, un espoir pour la vie", de Pascal Olmeta.

UJSF - Le devoir de mémoire solidaire de la section Provence

La force des témoignages, l'effroi des images

Toujours disponible à l'achat 15€

Les bénéfices des ventes du livre, soit 50 120€ ont servi à acheter des lits médicalisés pour tous les hôpitaux de Corse et de Marseille qui ont accueilli des blessés. Les hôpitaux ont choisi les lits dont ils avaient besoin.

Les auteurs du livre: Gérard Poncié (président de la section UJSF Provence), Alexandre Jacquin (Journaliste à La Provence) et tous les journalistes ayant participé à sa réalisation: Rémi Lacassin, Mario Albano, Christophe Casanova, Alain Roseghini, Jean-Paul Delhoume, Eric Breton, Philippe Brochier, Laurent Blanchard, Michel Garoscio, Hélène Foxonet, Yves Merens, Sébastien Aumage, Avi Assouly.